Apparu à la fin des années 1960 aux États-Unis, le féminisme radical considère que la domination des hommes sur les femmes, le patriarcat, constitue un système d'oppression fondamental, structurant l'ensemble des rapports sociaux et non un simple ensemble d'inégalités juridiques à corriger. Le slogan "le privé est politique" en résume l'approche : les rapports intimes, la sexualité ou la famille y sont analysés comme des lieux de pouvoir à part entière.
Ce courant a porté des combats spécifiques, contre les violences conjugales, le harcèlement sexuel, la pornographie ou la prostitution, certaines de ses branches défendant des positions abolitionnistes sur cette dernière, ou expérimentant des formes de séparatisme entre femmes, dans des espaces ou des collectifs pensés sans hommes.
Le féminisme radical est aussi traversé de débats internes, notamment autour de la définition même de "femme" et de la place des personnes trans dans le mouvement, un sujet qui divise profondément certaines de ses figures contemporaines et suscite des controverses publiques importantes, en France comme à l'étranger, sans qu'un consensus se soit dégagé à ce jour au sein même du courant.