L'expression "female gaze" (regard féminin) apparaît dans le sillage du concept de male gaze forgé par Laura Mulvey, comme tentative de nommer un regard cinématographique ou artistique porté par et pour des femmes, plutôt que la perspective masculine par défaut analysée dans les études de cinéma des années 1970 et 1980.

Le terme désigne des œuvres qui filment ou représentent les corps, le désir et l'intimité depuis un point de vue attribué aux femmes : personnages féminins montrés comme sujets de leur propre récit plutôt qu'objets contemplés, mise en scène du désir féminin pour lui-même. Des réalisatrices et critiques l'ont invoqué pour décrire des films où la caméra ne s'attarde pas de la même façon sur les corps.

Le concept reste plus flou et plus contesté que son pendant masculin : il n'a pas d'auteure fondatrice unique ni de définition théorique stabilisée, et certains observateurs y voient surtout un argument marketing repris par l'industrie culturelle pour vendre des œuvres comme "féministes" sans changement de fond dans la manière de filmer les corps.