Le féminisme intersectionnel désigne un courant du mouvement féministe qui applique le cadre de l'intersectionnalité, développé notamment par Kimberlé Crenshaw, à l'analyse et à l'action militantes. Il part du constat que les femmes ne forment pas un groupe uniforme et que le genre se combine avec d'autres rapports sociaux, la classe, la race, la sexualité ou le handicap, pour produire des expériences différentes de la domination.

Ce courant s'oppose souvent, dans le débat public, à des visions plus universalistes du féminisme, qui privilégient une expérience commune des femmes au-delà de leurs différences de classe ou d'origine, jugée plus fédératrice et plus simple à défendre politiquement par ses partisans.

Pour ses défenseurs, cette approche permet de rendre visibles des situations autrement invisibilisées, notamment celles des femmes racisées, précaires ou en situation de handicap, que les grilles de lecture plus anciennes du féminisme auraient tendance à ignorer. Pour ses détracteurs, y compris certaines féministes historiques, elle risque au contraire de fragmenter le mouvement en une multitude de sous-groupes concurrents, voire d'être instrumentalisée dans des débats politiques plus larges qui n'ont plus grand-chose à voir avec la condition des femmes, ce qui alimente des polémiques récurrentes sur sa portée réelle.