Le concept d'objectification trouve ses racines dans la philosophie kantienne, pour laquelle traiter une personne comme un simple moyen plutôt que comme une fin en soi constitue une faute morale. La philosophe américaine Martha Nussbaum en propose en 1995 une analyse détaillée et systématique, appliquée notamment à la représentation des femmes dans la publicité et la pornographie.
Le terme désigne le fait de réduire une personne à son corps ou à sa seule fonction, en ignorant sa personnalité, ses désirs ou son autonomie propre. Il s'applique aussi bien à des images publicitaires cadrant un corps sans jamais montrer le visage, qu'à des comportements interpersonnels où une personne n'est considérée que pour son apparence ou son utilité, sans égard réel pour ce qu'elle pense ou souhaite.
Le concept est central dans l'analyse féministe des médias, mais aussi objet de débat : certaines critiques distinguent objectification et simple érotisation, estimant que toute représentation d'un corps désirable n'équivaut pas à nier l'humanité de la personne représentée, quand d'autres jugent au contraire cette distinction trop commode pour ignorer des effets bien réels.