L'expression trouve sa source dans les travaux sur le privilège blanc développés à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, avant d'être transposée au genre. Elle désigne l'ensemble des avantages structurels dont bénéficient les hommes dans une société organisée historiquement autour de la domination masculine : accès facilité au pouvoir économique et politique, moindre exposition aux violences sexuelles, présomption de compétence dans l'espace public, entre autres exemples couramment cités.

Le concept ne prétend pas que chaque homme, individuellement, mène une vie facile ou dépourvue de souffrance, mais qu'il n'a pas, en tant que groupe social, à composer avec certains obstacles qui pèsent sur les femmes du fait de leur genre. Il se décline selon les contextes : privilège salarial, privilège de sécurité physique, privilège de crédibilité.

La notion reste vivement discutée. Ses défenseurs y voient un outil d'analyse structurelle indispensable pour comprendre des inégalités persistantes. Ses détracteurs, y compris certains chercheurs non affiliés à la manosphère, lui reprochent d'effacer les difficultés propres aux hommes, comme la surmortalité au travail, la sur-incarcération ou le suicide, et de traiter un groupe hétérogène comme un bloc uniforme.