La théorie de l'attachement a été développée en psychologie du développement par John Bowlby dans les années 1950-1960, puis approfondie par Mary Ainsworth, pour décrire le lien affectif entre un jeune enfant et sa figure de soin principale. Elle distingue plusieurs styles : sécure, anxieux, évitant et désorganisé, formés par la qualité des premières relations et censés influencer la façon dont l'enfant, devenu adulte, vit ses relations proches.
À partir des années 1980, des chercheurs en psychologie sociale ont étendu ce cadre aux relations amoureuses adultes, avançant que les styles d'attachement formés dans l'enfance se retrouveraient dans la manière dont une personne gère l'intimité, la confiance ou la peur de l'abandon dans un couple. Le concept a connu un fort succès de vulgarisation ces dernières années, notamment sur les réseaux sociaux et dans les ouvrages de développement personnel.
Cette popularisation inquiète une partie des chercheurs en psychologie, qui rappellent que le style d'attachement n'est ni figé ni entièrement déterminant, et qu'il est parfois utilisé de façon simplificatrice pour expliquer, voire excuser, des comportements relationnels complexes qui dépendent aussi du contexte et du partenaire.