Le mot vient de l'anglais américain « woke », littéralement « éveillé », employé depuis les années 1930 dans les milieux afro-américains pour désigner une conscience aiguë des injustices raciales, avant d'être réactivé au milieu des années 2010 par les mouvements militants contre les discriminations, notamment raciales et de genre, aux États-Unis d'Amérique.
Le néologisme « wokisme », lui, apparaît surtout dans le débat public francophone à partir de la fin des années 2010, généralement employé par ses détracteurs pour qualifier, souvent de façon critique, un ensemble de discours jugés excessivement centrés sur les identités, les privilèges et les rapports de domination. Il est rarement revendiqué par ceux qu'il désigne, qui le considèrent comme une caricature déformante.
Le terme est aujourd'hui l'un des plus contestés du débat public francophone : certains y voient un mot commode pour discréditer d'un revers toute critique sociale progressiste, d'autres un raccourci utile pour nommer une évolution réelle des discours militants et universitaires sur le genre et les discriminations. Son flou définitionnel alimente lui-même largement la controverse qui l'entoure.